L’Île doit se tourner vers l’immigration pour combler les pénuries de travailleurs et de compétences : Wade MacLauchlan

L’Île remarque particulièrement un manque de compétences dans sa force ouvrière

CHARLOTTETOWN, Î.-P.-É. – le 16 janvier 2013 – La force ouvrière insulaires continue toujours à diminuer donc pour maintenir son niveau de services actuel, l’Île-du-Prince-Édouard n’a aucun choix que de se tourner immédiatement vers l’immigration pour combler les manques, suggère fortement Wade MacLauchlan, ancien président de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Lors d’une séance d’information du projet LIENS le lundi 14 janvier à Charlottetown, M. MacLauchlan et d’autres conférenciers ont ouvert les yeux de plusieurs des quelques 40 personnes présentes avec des statistiques et déclarations frappantes.

Ils ont mentionné, entre autres, que la province prévoit une perte de 40 pour cent de ses travailleurs d’ici les prochains 40 ans, surtout en raison de la dénatalité, du taux de mortalité de la population vieillissante et de l’exode de travailleurs vers d’autres régions du pays.

Les effets de ce phénomène se font déjà sentir. De fait, certains employeurs citent actuellement une pénurie de compétences dans la province car ils éprouvent des difficultés considérables à recruter des travailleurs de l’Île et du Canada qui sont qualifiés pour leurs postes spécialisés. Il faut se rappeler que 40 pour cent de la population insulaire n’a pas atteint un niveau d’alphabétisme ou de numéracie suffisant pour compléter ses études secondaires.

M. MacLauchlan a suggéré, lors de son discours intitulé « La démographie et le destin : Un défi pour l’Île-du-Prince-Édouard », que l’Île suive l’exemple du Manitoba qui a développé sa propre stratégie d’immigration. Celle-ci connait un taux de rétention de 85 pour cent, ce qui est bien supérieur aux résultats des autres provinces.

Cette province de l’Ouest a su aligner ses réalités et les compétences de ses travailleurs actuels et immigrés avec les opportunités existantes et potentielles du marché du travail local, en vue de créer des emplois durables. L’Île devrait faire pareillement, pense-t-il.

APPROCHE COMMUNAUTAIRE

Pour que l’Île réussisse dans ses efforts de recrutement d’immigrés, il faudra que tous les joueurs travaillent ensemble, qu’il y ait un esprit d’ouverture à la fois chaleureux et authentique et que la communauté d’accueil soit convaincue de l’approche utilisée. D’ailleurs, pense-t-il, l’approche devrait partir de la communauté plutôt que du gouvernement.

« Est-ce qu’on invite les nouveaux arrivés à souper chez-nous? » a-t-il demandé.

Selon une étude, la province prévoit l’établissement que de 300 nouveaux arrivants à l’Île par an. Le conférencier considère que ce chiffre n’est « pas très optimiste »; si on utilise une approche proactive et stratégique, on pourrait augmenter ce chiffre à 2 000 par an, qui d’ailleurs a été dépassé dans les dernières années.

M. MacLauchlan suggère que les efforts insulaires visent d’abord les gens provenant d’ailleurs qui sont déjà ici – comme les travailleurs temporaires d’autres pays ou les étudiants internationaux – car ils connaissent déjà un peu le mode de vie à l’Île. Il serait aussi bon d’examiner la situation internationale  pour déterminer des pays et lieux propices pour nos besoins. Par exemple, les taux de chômage pour les jeunes au Portugal, en Espagne et en France sont actuellement très élevés. Et pourquoi ne pas considérer les Mexicains qui se rendent aux États-Unis par millions à la recherche d’emplois.

POURQUOI DES IMMIGRANTS?

Une deuxième conférencière – Lori-Ann Cyr, directrice générale de Diversis Inc. – a offert toute une liste de raisons pourquoi il est avantageux d’embaucher des immigrants, lors de sa présentation intitulée « L’embauche de nouveaux arrivants : une solution? »

Elle a noté qu’ils contribuent de nouvelles compétences et connaissances, ils ont des réseaux de contacts internationaux, ils connaissent bien les marchés internationaux et les politiques commerciales étrangères, ils apportent de nouvelles approches et perspectives et ils possèdent souvent des compétences linguistiques avancées qui peuvent aider à élargir les clientèles et les marchés. Ils sont également très loyaux.

Invité à présenter un témoignage, Patrick Charles de DeltaWare à Charlottetown a expliqué que la firme emploie 110 personnes, dont 30 pour cent proviennent d’autres pays. Selon son expérience, après quelques mois d’adaptation, les gens qui arrivent d’ailleurs font un travail équivalent à celui des gens locaux. Le plus gros défi est souvent la langue. Mais de l’autre côté de la médaille, ils contribuent souvent de nouvelles idées et de nouvelles façons de faire les choses, donc sont très valables pour l’entreprise.

Ils ont expliqué qu’avant de considérer d’embaucher des immigrants, les employeurs doivent annoncer leurs postes au moins deux semaines dans leur propre pays pour voir s’ils peuvent trouver des Canadiens qualifiés.

Le projet LIENS (Liant l’immigration économique à nos succès) est une initiative de RDÉE Île-du-Prince-Édouard Inc.

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BAS DE PHOTO : Martin Marcoux, à la gauche, président de RDÉE Île-du-Prince-Édouard, accueille les deux conférenciers à la séance d’information sur l’embauche d’immigrants le 14 janvier,  soit Lori-Ann Cyr, directrice générale de Diversis Inc., et Wade MacLauchlan, homme d’affaires et ancien président de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Pour de plus amples renseignements :
Angie Cormier
Coordonnatrice, Projet LIENS
(902) 370-7333
angie@rdeeipe.org