Les balles de séchage Charlotte misent sur la laine de l’Île

(Par Ericka Muzzo, La Voix acadienne. Reproduit avec permission.)

Lorsqu’elle a commencé à confectionner des balles de séchage en laine pour sa propre utilisation, en 2016, Éva Arsenault était loin de se douter de l’ampleur que prendrait ce projet créatif. Dans les trois dernières années, c’est une croissance exponentielle qu’a connue l’entreprise menée par la dame originaire de l’Île-du-Prince-Édouard, son mari Clément Boily et son fils Mathieu Arsenault.

«Ma démarche personnelle d’être plus écologique a coïncidé avec un mouvement similaire à Montréal, où j’habite depuis quelques années. La demande n’arrêtait pas de grossir, donc on a décidé de mettre en marché», explique la fondatrice des balles de séchage Charlotte, qui est aussi thérapeute corporelle de formation.

L’idée derrière les balles de séchage, qui sont faites de laine de mouton 100 % naturelle, est de remplacer les feuilles d’assouplissant habituellement utilisées dans la sécheuse. «Certaines personnes qui venaient me consulter avaient des problèmes de peau ou de santé, et lorsqu’elles ont cessé d’utiliser l’assouplissant, les problèmes ont disparu!» constate Éva Arsenault.

Au coût d’environ 30 $ pour trois balles, le nombre conseillé pour réduire de 25 % le temps de séchage d’une brassée moyenne, les produits ont une durée de vie de plus de 500 brassées. «Ça fait quatre ans que j’utilise les miennes et elles sont encore très bonnes! Elles ne se défont pas. On pense éventuellement annoncer qu’elles sont bonnes à vie», souligne la fondatrice.

JAMAIS LOIN DE L’ÎLE

Le marché pour ce produit est déjà bien occupé par plusieurs entreprises, mais Éva Arsenault estime que les balles de séchage Charlotte se démarquent par leur qualité.

«La plupart de nos compétiteurs utilisent de la laine qui vient de l’extérieur du Canada, ou encore de la fausse laine. Nos balles sont faites à la main, avec de la laine qui provient directement de l’Île-du-Prince-Édouard. On peut garantir que c’est 100 % naturel, donc nos produits sont un peu plus chers, mais ça vaut la peine et les gens les préfèrent».

Pour l’originaire de l’Île, il était non-négociable de se fournir en laine dans la province qui l’a vue naître et où ses enfants ont passé tous leurs étés. «Un côté de moi n’arrive pas à se sortir l’Île de l’esprit! C’est pourquoi on a choisi le nom de Charlotte pour notre entreprise, en référence à Charlottetown», explique encore Éva Arsenault.

Le moulin à laine MacAusland, où se fournit l’entreprise, situé à Bloomfield, est le même où la mère d’Éva Arsenault prenait sa laine pour tricoter. «C’est très important pour moi que la laine provienne de brebis des Maritimes, où je sais qu’elles sont bien traitées», explique la fondatrice.

TOUJOURS EN CROISSANCE

L’entreprise d’Éva Arsenault a récemment participé à la mission de vente du RDÉE Î.-P.-É. au Québec. Cela a contribué à populariser encore les produits, qui sont vendus dans plus de 40 magasins à Montréal, Rimouski et Québec. «Notre but, c’est de s’agrandir au Canada et même à l’international!» lance la fondatrice.

Elle n’exclut pas non plus la possibilité de revenir à l’Île un jour pour y établir une petite production locale. «Je suis toujours estomaquée par la générosité des gens de l’Île. C’est beaucoup plus facile d’y monter une entreprise, parce qu’on a le support du RDÉE et de plusieurs personnes qui sont prêtes à nous aider avec les démarches», explique Éva Arsenault.

Pour l’instant, les balles de séchage Charlotte sont faites à la main, par une petite équipe de production de quatre personnes incluant Éva Arsenault. Pour leur côté écologique, respectueux de la nature et du corps humain, ces produits conçus avec de la laine de moutons prince-édouardiens sont un véritable bijou d’artisanat local de l’Île au Québec.

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PHOTO 1 : Clément Boily, Éva Arsenault et Mathieu Arsenault ne se seraient jamais doutés que l’aventure prendrait autant d’ampleur, mais toute l’équipe travaille fort pour le succès de l’entreprise.

PHOTO 2 : Les balles de séchage Charlotte sont vendues dans une quarantaine de boutiques à travers le Québec. Ses fondateurs comptent bien élargir encore leur public dans les années à venir, notamment dans les Maritimes. (Photos : Gracieuseté)